Etat des lieux Des régressions d'espèces Synthèse générale et recommandations (pdf 2Mo) Synthèse par collectivité d'outre-mer et annexes (pdf 2,2 Mo)
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Chiffres clés
49 espèces figurant sur la liste établie par l’UICN des 100 espèces parmi les plus envahissantes au monde sont présentes dans les collectivités françaises d’outre-mer.
Parmi les espèces inscrites sur la Liste rouge de l’UICN, un oiseau sur deux et un amphibien sur trois présents en outre-mer sont directement menacés par des espèces envahissantes.
D’après la Liste rouge de l’UICN, les espèces exotiques envahissantes constituent la deuxième menace pour les espèces terrestres d’outre-mer inscrites parmi les espèces en danger d’extinction mondiale.
Tableau 1 : nombre de plantes indigènes, exotiques, naturalisées, envahissantes en outre-mer
Tableau 2 : nombre de vertébrés indigènes, exotiques, et constituant une menace pour la biodiversité
Figure 1 : nombre d'espèces terrestres menacées inscrites sur la Liste rouge de l'UICN en fonction du type de menace
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Des conséquences graves
Des extinctions d'espèces
A gauche sur la photo: l'euglandine. A droite: un partulidé.
Les
populations sauvages ou en semi-liberté de cochons, de bétail, de
chèvres, de moutons et de cervidés observées aux Saintes en Guadeloupe,
dans des îles de Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie, dans les
TAAF ou à Saint-Pierre et Miquelon, causent à des degrés divers des
destructions du couvert végétal et des régressions d’espèces indigènes
sous l’action de leur pâturage et de leur piétinement.
Concernant les prédateurs introduits, il n’y a guère de doute à avoir
sur les dégâts que peuvent causer les populations sauvages ou en
semi-liberté de chats, de chiens ou de mangoustes sur les oiseaux ou
les reptiles indigènes. Parmi les oiseaux, le martin
triste ou le bulbul à ventre rouge affectent les espèces indigènes par
compétition pour la nourriture ou les sites de reproduction. Le busard
de Gould et le grand-duc de Virginie en Polynésie française agissent
directement par prédation sur les oeufs, les oisillons ou les adulte des espèces indigènes.
Le Martin triste est l'un des oiseaux exotiques les plus communs des collectivités d'outre-mer de l'océan Indien et du Pacifique. En polynésie française, il a contribué à l'exclusion de plusieurs espèces d'oiseaux endémiques notamment dans les îles Marquises.
En milieu d'eau douce, des plantes aquatiques comme la jacinthe d'eau et la laitue d'eau, envahissantes à La Réunion, peuvent entrainer une eutrophisation du milieu et un bouleversement global des écosystèmes aquatiques. Sur Tahiti, le miconia forme des couverts denses
monospécifiques où la lumière arrivant au sol est très réduite empêchant toute régénération de plantes indigènes et
endémiques en sous bois. Près de 80 000 ha ont été envahis à Tahiti et
entre 40 à 70 espèces de plantes endémiques sont directement menacées de
disparition.
Les rat sont impliqués
dans la régression de plusieurs espèces d’oiseaux endémiques comme par
exemple les monarques de Tahiti et des Marquises, la perruche d’Ouvéa
en Nouvelle-Calédonie, l’échenilleur de La Réunion, ou plusieurs
espèces de pétrels dans les TAAF. Ils contribuent également à modifier
la composition spécifique et la dynamique des communautés végétales en
consommant des graines de plantes endémiques rares, comme le santal en
Polynésie française ou l’Ochrosia inventorum en Nouvelle-Calédonie et
en favorisant la dispersion de certaines plantes exotiques
envahissantes.
Les fourmis envahissantes représentent une des plus
grandes menaces pour de nombreuses espèces d’invertébrés ou de petits
vertébrés indigènes ou endémiques et peuvent affecter l’ensemble du
fonctionnement d’un écosystème. La fourmi électrique ou petite
fourmi de feu, envahissante en Nouvelle Calédonie, en Polynésie
française et à Wallis et Futuna, altère la structure et le
fonctionnement des écosystèmes en éliminant la majorité des invertébrés
dans les zones infestées, tout en favorisant certains autres, et en
diminuant nettement la diversité et la densité de certains petits
vertébrés comme les lézards.
Les espèces potentiellement envahissantes : des bombes à retardementA côté des espèces exotiques d'ores et déjà envahissantes et problématiques, de nombreuses espèces exotiques sont potentiellement envahissantes. Naturalisées, en cours de naturalisation, ou simplement cultivées ou élevées, elles ne manifestent pas aujourd'hui de caractère envahissant mais pourraient le devenir si les conditions écologiques du milieux venaient à être modifiées en leur faveur. Il s'agit par exemple de plantes vendues en pépinières ou utilisées pour l'aménagement ou d'animaux vendus dans les animaleries qui sont connus ailleurs dans le monde pour être envahissants.
Le Latanier de chine (Livistona chinensis) est localement naturalisé sur l'île de La Réunion. Dans d'autres îles du monde, l'espèce est largement naturalisée voire envahissante comme par exemple sur l'île Maurice ou à Hawaii. Le changement climatique et la diffusion des
espèces exotiques envahissantes interagiront de manière significative. Ce
changement perturbera profondément le fonctionnement des écosystèmes,
permettant à un grand nombre d’espèces exotiques, inoffensives pour l’instant,
de devenir envahissantes.
Dans l'archipel de Kerguelen, les changements climatiques observés ont pour conséquence d'entraîner la régression des espèces indigènes, favorisant le développement sur de grandes surfaces du pissenlit, originaire des régions tempérées.
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Des limites importantes à la gestion
Malgré des avancées importantes en termes de recherche, de lutte ou de réglementation, de nombreuses contraintes communes aux collectivités d'outre-mer limitent les actions.
La mise en oeuvre d'une stratégie globale et partagée par l'ensemble des partenaires (Etat, collectivités, scientifiques, gestionnaires de l'environnement, acteurs privés, ONG...) nécessite une approche transversale (pour l'ensemble des secteurs d'activités concernés) et à plusieurs niveaux :
En téléchargement :
Espèces exotiques envahissantes dans les collectivités françaises d'outre-mer. Etat des lieux et recommandations. Comité français de l'UICN. Juillet 2008